mercredi 24 juillet 2024
AccueilAutomobileSur les routes d'AlsaceHoerdt - La Dolce Leben avec la Karmann Ghia 1966

Hoerdt – La Dolce Leben avec la Karmann Ghia 1966

Eric, qui vit à Hoerdt, a attendu longtemps avant de succomber aux charmes de l’élégante Volkswagen. Sa première « ancienne », loin de l’état d’origine avec ses nombreuses retouches, il n’a aucune envie de s’en séparer. C’est parti pour la Dolce Vita, version allemande.

Tout le monde connaît la Cox, voiture emblématique des années 1960-70, qui a inondé le marché mondial avec ses 21 millions d’exemplaires vendus à travers la planète. Mais on connaît déjà beaucoup moins sa petite sœur, la Karmann. Même châssis, même moteur, mais une dégaine un peu différente, un peu moins ronde, un peu plus élancée. Celle qui nous concerne a de plus été dessinée par Ghia. Le coup de crayon italien, à l’époque, ça voulait encore dire quelque chose. « Les Allemands la surnommaient la Ferrari de la secrétaire », rigole Eric, dans son jardin, avant que l’on prenne la route. « J’ai toujours eu un intérêt pour les voitures anciennes, et j’ai flashé sur celle-ci. » Avant cela, une première touche l’avait amené en Allemagne, sur la piste d’une autre Karmann, mais de 1972. « Les lignes étaient beaucoup moins sympas », souligne simplement Eric, qui a pris son temps pour celle qui est devenue une membre à part entière de la famille, que la petite dernière affectionne particulièrement.

©SR

Le déclic donné par une Fiat 500

La bascule ? Avant cette acquisition, qui remonte à 2013, Eric est toujours dans l’attente de sauter le pas. Le destin va se charger du reste : « J’ai un pote qui est tombé en panne avec sa Fiat 500. Il se trouve que j’ai dû aller la chercher au garage pour la ramener, et c’est en roulant que je me suis dit, c’est génial, il faut le faire ! » La décision est prise, restait à trouver la voiture… Côté passager, il y a étonnement de la place pour un grand gaillard comme moi. « En revanche, derrière, c’est vraiment pour un enfant », rigole mon chauffeur du jour. Le moteur se lance instantanément, malgré le froid glaçant des derniers jours, à peine compensé par un soleil d’hiver réconfortant. « J’espère que t’es bien habillé, parce qu’il n’y a pas de chauffage. » Les 40 chevaux poussent juste ce qu’il faut pour faire un tour entre Hoerdt, Gambsheim et La Wantzenau. On s’arrête près de l’hippodrome pour la petite séance photo. Eric en profite aussi pour prendre quelques clichés.

©SR

Une voiture, c’est fait pour rouler

« Il y a toute une histoire allemande là derrière, c’est une voiture passion. Moi, je veux l’utiliser, un moteur c’est fait pour tourner. Il faut en prendre un peu soin, c’est sûr, elle n’aime pas trop la pluie, mais ce n’est pas une show car. »

Une autre réflexion m’a interpellé pendant que nous sillonnions les petites départementales : « Cette voiture, elle a un côté thérapeutique. » Si pour certains, la old timer – voire de plus en plus la young timer – devient un placement financier, pour Eric, sa Karmann, c’est autre chose. C’est un peu comme le fameux soufflé au fromage de Gaston Lagaffe : rien de tel pour vous remonter le moral.

Peu importe qu’elle ne soit pas d’origine. À la sortie de l’usine, cette T14 pour son petit nom officiel était blanche avec un intérieur noir. Un peu tristounet pour Eric qui cherchait des sièges rouges. Comme le destin est farceur, c’est à Roppenheim qu’il va trouver son bonheur chez… l’ancien propriétaire qui n’en croyait pas ses yeux ! Et pour cause, la voiture a voyagé : trois propriétaires dans le coin de Francfort, avant d’arriver en Alsace, d’être vendue à un Mulhousien, qui va la revendre à un Grenoblois, avant, donc, un retour au nord de Strasbourg… Un trajet pas banal pour un modèle qu’on ne trouve qu’à « trois ou quatre exemplaires dans le Bas-Rhin. » Et pas plus de 28 000 modèles ont été produits pour ce millésime 1966. Combien roulent encore… ?

©SR

Des pièces en nombre

Si dans l’habitacle, Eric a fait refaire la sellerie, l’intérieur de toit, replaqué la planche de bord en rouge, niveau circuit il a aussi passé sa Karmann Ghia du traditionnel 6 volts à un plus confortable 12 volts : « C’était un peu embêtant quand même au quotidien, ça n’avançait pas, ça n’éclairait pas… »

L’avantage d’une Volkswagen, encore plus sur base Coccinelle, c’est que de très nombreuses pièces sont disponibles (notamment près d’un revendeur à Offenbourg) et que le réseau est très fourni. Une question et il y a toujours une réponse qui tombe sur un forum ou lors d’un rassemblement à Haguenau ou Dorlisheim. La garantie de pouvoir profiter encore un bon moment de ce modèle ni vraiment sportif, ni totalement familial, mais si élégant et qui met immanquablement quelques lumières dans les yeux des passants.

Pour la petite histoire

Si la Karmann Ghia apparaît dans plusieurs films comme Kill Bill : Volume 2 ou Once Upon a Tim in Hollywood, il faut avoir une solide culture automobile pour dénicher la référence dans le film d’animation Cars 2 : le code pour que Finn McMissile et l’espion américain se reconnaissent entre eux était : « La Volkswagen Karmann Ghia n’a pas de radiateur ». Ce à quoi l’espion américain répondait : « C’est parce que son moteur est refroidi par l’air ». Pas sûr que votre enfant ait bien saisi sur le moment.

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