Elle a été gendarme en Corse, puis elle a travaillé dans la police municipale et la vente, avant de « retrouver la terre et les traditions » de son enfance. Pourtant Linda avait fait le lycée agricole, mais elle a ressenti « le besoin d’ouverture d’esprit et de culture ». Son mari Quentin—qui n’avait pas tapé dans son œil au lycée, mais l’a retrouvée quinze ans plus tard !—a suivi le même parcours, il a travaillé en jardinerie, avant de se sentir « prêt à reprendre une exploitation ». C’est à la naissance de leur deuxième enfant en 2020 qu’ils actent la reprise, également l’année de la retraite de Michel, le père de Linda.
Évidemment, il continue à prêter main-forte au couple, tout comme la jeune retraitée Sylvie. Le premier est « aux grandes cultures sur 90 ha de terre, maïs, blé, orge…, que l’on commercialise au détail, en pellets, broyés, mélangés, pour le bétail ». Quentin s’occupe majoritairement du maraîchage et des fruitiers —« les fraises et les 400 pieds de tomates sont sa grande fierté » —, tandis que tous s’occupent des 800 poules, et donc de la viande de volaille fermière en vente directe. Linda rigole : « Les clients me demandent parfois un petit poulet, mais je n’en ai pas !

C’est minimum 1,8kg, et mieux, à Noël j’ai vendu une dinde de 24 kg ! » Enfin, les femmes se partagent principalement « le magasin, la comptabilité, la communication… et les enfants ! »
La philosophie de l’innovation
D’ailleurs, « le meilleur argument marketing » pour Linda, ce sont ses enfants « en pleine santé, sans allergie » qui courent dans les champs et « mangent des fraises et des tomates sans les laver. Il n’y a aucun traitement après la levée des plants ». Idem pour les œufs,
« puisque les poules sont nourries aux tourteaux de tournesol, colza, et lin dont nous faisons notre huile. C’est zéro déchet et riche en oméga 3 ».

Une philosophie de l’innovation qu’ont initiée ses parents : Michel a installé les premiers distributeurs non réfrigérés en Alsace, il a investi dans un séchoir à maïs venu du Canada en 2001, et Sylvie fabrique des pâtes aux œufs dans son laboratoire. Linda, qui compte installer le tracteur de son grand-père à l’entrée avec une mini-ferme, se souvient avoir souffert d’être traitée de « Bür » dans son enfance. Elle apprécie désormais la qualité de vie paysanne.


